Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 09:25
Se dire chercheur, autant pour un emploi que pour une satisfaction, et remplir quoi au juste ? Un compte en banque, un creux dans le ventre, un vide dans le cœur ?
Ce week-end, je sors !
La bonne blague !
Et un jour, je sortirai vraiment, j'irai vers et dans le monde, j'aimerai, enfin, un peu...
Jusqu'au bout de soi-même, avoir fait le tour, je sais, ça c'est tout moi, j'ai compris, autant pour moi, on ne m'y reprendra plus, je vais faire un effort, ça va passer, ça reste raisonnable, pourvu que ça dure, je préfère ne pas savoir, il y a du bon en toute chose, facile à dire, pas facile à faire, j'peux pas j'ai piscine !
Paroles, paroles, paroles...
J'ai cherché ce que j'étais ;
j'ai souffert du manque de ce que je suis naturellement ;
j'ai toujours voulu trouver l'amour, être aimé, cette paix, cette réassurance, cette confiance qui amène au partage total ;
j'ai cherché cela et j'ai vu que j'étais cela, déjà, depuis toujours, au fond...
un peu trop au fond d'ailleurs, au fond à gauche, la porte du bonheur, là où tu lâches ton lest, là où tu laisses passer les scories de ton activité, faire un peu de place pour du nouveau, encore du nouveau, lassante nouveauté de l'identique...
Je me répète, cette répétition n'aboutira-t-elle sur aucune représentation finale ?
Mais ne serions-nous pas tous déjà en représentation ?
Vous lisez et vous vous représentez quoi ?

De votre expérience à être là, devant un écran d'ordinateur, une main sur la souris, vous êtes là, les pensées vous traversent, vous notez des mouvements dans votre corps ? Peut-être des émotions ?
Et ce n'est que vous avec vous-mêmes.

Il y a ce texte, il y a l'air que vous respirez, il y a cet environnement, toutes ces sensations auquel participe ce que vous regardez, lisez, pensez, ressentez...
Mais ce n'est que vous avec vous-mêmes...

S'il y a autre chose ? Regardez, qu'est-ce qu'il y a ?

Pas d'échappatoire, ne cherchez pas à voir quelque chose, regardez simplement ce qu'il y a, ici et maintenant, là, vous lisez, c'est entendu, c'est perçu ?

Regardez ce qui se passe, prenez conscience de vos perceptions, il n'y a que votre théâtre, c'est vous qui êtes en scène dans la pièce que vous jouez !

Vous croyez qu'il y a un autre qui vous parle ? Entendu, mais qui le perçoit, qui le ressent ?

Maintenant laissez les réponses faciles faite par votre pensée : c'est vous, c'est moi... Ce ne sont que des étiquettes, revenez à votre perception, vous percevez quoi ?

Laissez la réponse être dans la perception, la perception des mots eux-mêmes par exemple, il n'y a rien à rejeter, laissez la réponse être les mots s'il y en a, ce ne sont que des étiquettes, pas vrai?

Laissez passer ce qui se présente à vous, ne l'accrochez pas avec votre intellect qui veut tout mettre dans des boites à concepts, laissez les boites s'ouvrir et se refermer, cela fait parti de ce qui est là, accueillez simplement ce qui vient, regardez, contentez-vous de regarder, de percevoir.

Cela est suffisant, il n'y a rien d'autre, cette simplicité vous effraie ? Vous trouvez ça pénible, difficile, inutile ? Il y a une tension ou une détente ?

Regardez cela, ces impressions, laissez-vous être dans ce bain d'impressions, il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, il y a ce qui est, cela a toujours été, et ne peut en être autrement d'ailleurs, sauf que là vous vous proposez d'y porter une attention plus ancrée dans l'instant présent, dans votre présent, dans cette actualité qui n'en finit jamais de se réactualiser.

Prenez contact avec votre présent, avec votre actualité, voyez, constatez, juste cela...
Que voyez-vous ?

Quand le regard insiste à se poser dans l'actualité de notre présence au monde, ce qu'on nomme soi et les autres semblent s'aligner dans la même perspective, la notion de séparation devient relative, tout comme les mots, les étiquettes.

A force de revenir pointer dans l'actualité du présent, le regard finit par se poser sur celui qui observe et là il n'y trouve personne, il ne reste que le regard lui-même, cette présence au monde qui n'est que gratitude, qui n'est que remerciement à être là, qui serait peut-être ce que nous recherchons tous désespérément et qui est la nature même de l'existence : l'amour.

On pourrait dire que nous sommes ce que nous cherchons : il nous faut apparemment passer par l'expérience de la projection hors de nous-mêmes, dans la dualité, dans l'adversité de ce que l'on appelle le monde (la Création, autant dire le rêve) ; il faut en somme nous rêver pour prendre la mesure de ce que nous sommes et quand, pour chacun, l'heure arrive où les masques tombent, où la mascarade ne tient plus, nous retrouverons en pleine conscience l'essentiel de ce que nous avons toujours été.
Par Litteral - Publié dans : Plus si affinité - Communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 00:33

Il n'est pas simple d'exister sans tendre vers un but.
De voir tour à tour se ternir le brillant des choses à faire, à posséder, à être, quand tout tombe, cela   pourrait passer pour de la mélancolie ou une grave dépression. Mais ce n'est pas tant la vanité de mes agitations qui est en cause, c'est juste que je suis déjà comblé du présent : qu'une joie m'anime ou qu'elle s'absente, sentir le monde exister est suffisant.
 

Pourtant, prend forme une question sous diverses tournures: et maintenant, que vais-je faire ? Qu'est-ce qu'il y a à faire ? Que pourrais-je bien faire ?

C'est chose facile de s'inventer une activité, une distraction, un intérêt, une curiosité, une envie... voire un projet, une ambition...

Mais tout tombe vous dis-je... Tout !

Alors l'espace se vide, le néant se dessine, pour un peu nous passerions à la trappe, heu, oui, qui nous ? Il n'y a personne, le corps gesticule un peu, le mental envoie des escadrilles de protestations, sensations de vertiges, de malaises, de chute, de manque, de trop, cela en est trop ! STOP !

Tout tombe ?

Quand tout tombe, il reste encore quelque chose et ce quelque chose se nomme : l'ennui.

Trompez l'ennui et tout se reconstruit, le rêve renaît de ses cendres, plus magnifique encore, plus solide, plus joyeux : «  haaaa, que je fus idiot de me priver de ces petites ambitions... et si je me lançais dans la peinture, non, je vais reprendre mes cours d'espagnol, c'est utile ça ! »
« Et puis ça me permettra de me débrouiller pour un voyage au Mexique, j'ai toujours voulu visiter l'antique cité de Teotihuacan, là où les hommes deviennent Dieu et puis l'ile de Pâque » et puis quoi ?

Oui, oui, j'écoute ces divagations, je les entends bruissantes d'espérances qui n'ont de folie que cette saveur maintenant bien connue, celle du mensonge, celui qui consiste à se renier, à perdre toute dignité pour quelques piécettes, pour 30 pièces d'argent...

 

Je ne vais pas trahir le cadeau d'une vision incompréhensible pour l'intellect : qui trahirait qui ?
Y-a-t-il un choix ?

Il ne s'agit plus de lutter, ni pour aller au Mexique, ni pour ne pas y a aller, il n'y a que le mental et ses formules pour couper les cheveux en quatre et laisser croire qu'il y a là un problème, il n'y a que lui pour ne pas supporter l'ennui.

L'ennui du mental est le signe que nous sommes là où l'on doit être, sans conflit, sans rien à faire et cela le rend fou, et d'une puce il ferait un cheval pour peu qu'il puisse mettre en tension une problématique, un raisonnement, une comparaison, un commentaire, un jugement, enfin, quelque chose qui puisse relancer son bavardage multicolore et foisonnant, pour qu'il puisse clamer haut et fort: ça c'est la vie, voilà la vraie vie !

Quand on me dit : moi je ne peux me passer de la télé ou de la radio, j'aimerai pouvoir lui donner la faculté de diriger vraiment son attention au plus proche de son activité mentale pour qu'il constate l'incroyable distraction qu'il y trouverait, l'ingéniosité, la finesse parfois dont les ressorts de la pensée sont capables pour s'alimenter eux-mêmes en de rebondissantes aventures imaginaires.

Enfin, j'extrapole un peu, parce que là, ayant fini de m'activer sur mon clavier, sans doute pour tromper l'ennui, je vais aller me revoir une série chère à mon cœur : LOST, car quoique je dise, je reste, quand même, un peu perdu !

Par Litteral - Publié dans : Plus si affinité - Communauté : Les gardiens du Volcan
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 12:37

Je respire, c'est bon, presque étonnant, qu'est-ce qui n'est pas étonnant ?
 
Étonnant et d'une simplicité à dégouter toute personne en quête de sensationnel.

Je renifle, observe, écoute, comme un extra-terrestre qui découvre un monde dont on lui aurait toujours parlé mais qu'il n'avait pas encore approché.
 
Bon, m'y voici, dans ce fameux monde « réel »...

Sauf que ce dont on m'a parlé n'existe pas vraiment. Ce que je découvre à la place ce sont des impressions, des sensations dénuées de sens. Les significations dont on m'a parlé me paraissent étrangères, complètement accessoires mais je garde à l'esprit qu'elles sont tellement importantes pour tout un chacun, comme elles l'ont été pour moi, quand j'étais un terrien...

Ce décalage entre un sens commun, partagé, et ce que je perçois n'est pas nouveau. Quand j'étais enfant et au début de mon adolescence, le matin surtout, mon regard se posait sur l'environnement familiale et tout me faisait rire. Mes parents trouvaient amusant ma bonne humeur du matin. Ce n'était pas tout à fait de la bonne humeur, c'était juste que leur spectacle d'habitudes m'apparaissait tellement ridicule que j'en riais. Il me semblait évident que je partageais avec eux cette insouciance salvatrice, cette légèreté libératrice. Je restais amusé de surprise face à tant de sérieux, à tant d'application à jouer un rôle, à être quelqu'un, c'était si drôle.
 
Regardez, riez un peu, ce n'est qu'un jeu ! Mais je pouffais de rire sans pouvoir m'en expliquer.
 
Et cela leur arrachait un sourire, sans vraiment les décoller de leur personnage.
 
Je ne me sentais pas du tout concerné par leur façon de vivre... au mieux, pour une dizaine de minutes.
 
Le reste du temps il me restait les rêveries, parce que moi aussi je portais le poids d'être quelqu'un et dieu sait qu'à l'adolescence surtout, être quelqu'un, respecté, voire adulé, est primordial, vital !

Ma rêverie partit du côté des mystiques, et plus concrètement vers l'enseignement gnostique qui me permit de retrouver ce regard décalé sur le monde. Sauf que ce regard n'en finissait pas de jauger, juger, classer le monde en deux catégorie : l’œuvre du diable, pas mauvais en soi puisqu'il nous permettait de nous montrer vertueux et l’œuvre de Dieu, l'Esprit Divin, la Loi Cosmique, etc. (avec des majuscules s'il vous plait, histoire de bien comprendre que nous avons affaire ici à des concepts sacrés...)

A vrai dire, le seul décalage se situait entre mon personnage de gnostique et ce que je vivais. Ce que je prêchais m'éloignait encore plus de ce que j'étais sensé trouver : la vérité !

Il a fallu que je rentre en psychanalyse, que j'abandonne toute velléité spirituelle, enfin presque, pour me retrouver pendant une poignée d'années rempli d'une nouvelle énergie. Quelques tribulations plus tard, je fus la proie à des tourments encore plus profonds, balloté entre mes désirs contradictoires et surtout une absence totale de désir, la dépression comme on dit, pour qu'au final j'arrive à en avoir suffisamment ras-le-bol de cette vie de merde !

J'avais milité pour la destruction de l'ego, du moi, de la pluralité de nos agrégats psychiques, j'avais lutté contre ça tout en restant celui dont je voulais me défaire : une personne, un personnage, un moi-je tout puissant, réglant sa vie grâce à sa fameuse intuition couplé à un sens de la compréhension rapide, efficace. Mon esprit semblait affûté, il fallait m'en servir... contre lui !

Non, cela ne m'apparut pas ainsi, à vrai dire je n'avais plus envie de tourner simplement la page, je voulais refermer le livre. Et puis, j'ai enfin pu voir que toute cette lutte était entretenue par l'illusion d'être une personne, j'ai enfin pu voir, respirer, bouger sans ce ridicule point de vue « personnel » où c'est moi qui ceci, moi qui cela. Je me suis libéré de la plus grande escroquerie de tous les temps : l'identification à son « je » qui n'est pas plus le mien que le votre, qui n'est qu'un point de vue, qui n'est qu'une fiction, mais la plus tenace, alimenté depuis notre naissance.
 
Voir que je ne suis personne, ça fait un choc, déjà de le dire ça sonne comme une contradiction, le vivre... ben, c'est à vivre justement. Et là tout tombe, le rêve se délite, et la nature des choses reprend sa place, une place que nous n'avions jamais quitté en vérité mais que nous ne pouvions voir telle quel tellement nous l'avions habillée de certitudes, d'embellissements ou de noirceurs, de rêveries, d'espoirs, de toutes ces choses que l'on s'invente pour continuer à croire que nous sommes quelqu'un d'unique, quelqu'un séparé du reste du monde.
 
Ici la quête s'arrête, j'étais LA Personne, je suis là, personne !

 

Philippe alias Filipo Blanco, alias : Éric, Michel, Gaston, Nicolas et tous les prénoms qu'on m'attribuera. :)

Par Litteral - Publié dans : Plus si affinité - Communauté : ECRIMANIA ou le désir d'écrire...
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 12:53

Être libéré ce serait un peu comme prendre conscience qu'on n'est pas obligé de rester enfermé avec toute une ménagerie, la chaîne imaginaire qui semblait nous y retenir ayant disparue.
Ça ouvre des espaces de liberté, de quiétude, mais la ménagerie n'a pas disparu pour autant et il arrive qu'on s'y retrouve comme au temps où l'on pensait y être attaché.

 

Écrire sur l'après « j'ai vu », pour qui, pour quoi ?
Pour rien, juste pour l'art d'écrire une histoire qui se veut témoignage mais qui est, de toute façon, une pure fiction, même avec la plus grande authenticité que mon mental se sent d'incarner sans rougir, même avec la plus grande honnêteté pour ne point trahir impressions, gestes et pensées, tout cela appartient à la matrice du rêve... Bref, vous l'avez bien compris, ce ne sera pas du Betty Quirion, jugez plutôt :

 

Le premier effet d'après-coup fut cette impression cotonneuse que le vie était belle et que je me sentais bien, même quand me traversait l'idée, saugrenue je vous l'accorde, de nettoyer la ville par un gros raz-de-marée histoire d'y voir un peu plus clair... Non, je déconne, mon obsession était de retrouver les sensations si particulières qui m'avaient baignées dans ce sentiment hors-limites, hors-temps, hors-dualité: je n'y arrivais pas, je me disais 'mais regarde', sous-entendu 'mais qu'il est bête celui-là', j'essayais de m'expliquer les choses, j'avais forcément compris quelque chose se disait le mental mais il n'arrivait pas à savoir quoi, cette expérience était hors de la juridiction de l'ego bien pensant, il n'y était pour rien et ne pouvait rien, j'ai eu 48h de migraine !

 

Et puis il y avait encore cette crainte de passer pour un imbécile... heu, disons plutôt : un mal-libéré ! Si je m'étais exprimé à ce sujet j'imaginais que cela aurait fait genre 'bienvenue au paradis', 'oups, ha non, désolé je crois que nous avons fait erreur, retournez vous faire lasériser'.

 

En dehors du fait que
1 - mon mental et la force hypnotique de l'ego essayaient de récupérer à leur compte cette expérience en se focalisant sur les sensations comme garant d'une authentique libération et
2 – il se montait mentalement un guide encyclopédique sur le comment du pourquoi de la méthode de l'éveil, genre l'éveil pour les nuls,
→ j'étais beaucoup plus tranquille.

 

Étrangement ma procrastination semblait avoir disparu, l'action ne semblait plus l'enjeu de forces contraires et je pouvais tout autant rester à ne rien faire sans m'ennuyer, je pouvais enfin me poser, être véritablement au repos, dans la contemplation de mon mur ou de l'abat-jour de ma chambre, comme une sorte de légume !?

 

La force de l'habitude, l'inertie des fonctionnements passés, les réflexes de survie, envies, idées dépressives, tout cela était atténué mais bien présent, en sourdine, comme s'ils avaient peur... de qui ? Ha, ha, ha, mais de Moi bien sur ! Le moi qui avait vécu un éveil et en face de qui il n'était pas bon de ramener quoique ce soit qui laisse penser que cet éveil n'avait rien changé ou si peu. Sacré lui !

 

Ça fait du bien de laisser se défouler le mental par l'écriture, il est par essence comme un fou, il peut dire des vérités au Roi-je sous couvert de folie, entendu que la pire folie c'est la raison, l'esprit cartésien comme on aime le nommer, la logique, le formalisme, bref... la FOLIE !

 

Moi-je au pays des émotions est beaucoup plus glamour, il se sent aimer la terre entière mais bizarrement s'en trouve un peu plus misanthrope, les gens le fatiguent, leur blabla reste sans intérêt et il voudrait ne plus jamais fouler le sol pour tenter de côtoyer les anges... Les anges qui tardent d'ailleurs à se montrer, qui se cachent, qui énervent le moi-je qui doute, se lamente, et s'en retourne demander conseil au clown de service, le mental !

 

Franchement, vivement qu'un raz-de-marée vienne emporter tout ça...
Merci, à bientôt.

Par Litteral - Publié dans : Vague à l'âme - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 23:45

Je suis arrivé au point où quoique je formule, cela tombe juste !

Non, je ne suis pas un dieu, je ne suis pas un fou, je suis tout simplement dans l'acceptation totale de ce que que je perçois, à tout accepter, vraiment tout, cela me procure une liberté totale !

On me dit idiot, détraqué, mythomane, mégalomane, d'autres m'adorent par paresse, par identification, par mépris, que sais-je, cela m'importe peu et pourtant je l'accepte, je n'en fais pas une affaire, j'accepte dans l'instant, cette acceptation n'appelle rien d'autre, l'instant suivant la même démarche, et l'instant suivant cela reste identique, acceptation totale, il pleut, il vente, on m'insulte, je pleur, on me console, on me dit que je suis fatigué, je suis fatigué, j'accepte et de fait j'agis en conséquence, quelques fois à contre temps, quelques fois synchrone, mon corps pourrait supporter bien pire, il l'a déjà fait de nombreuses fois, macrobiotique forcené, repas pantagruéliques, qu'importe, il me sert plus ou moins bien et se comporte à merveille quand je le laisse en paix, sans cette volonté abjecte de contrôle, on m'en tient rigueur, on exige des comptes, une logique, quelque chose à se mettre sous la dent d'un mental questionneur, raisonneur, pour le raisonnable on préfère oublier ce genre de considération.

Sommes-nous de ceux qui avons déjà accepté tant d'humiliations, tant d'aliénations au point de nous laisser embobiner par le premier discours savant, sage ou mystique d'un quelconque orateur d'opérette?

Notre société regorge de cette vibration consumériste, on y est, on se justifie ou on s'en défend, qu'importe, l'image doit être sauve et mon attitude témoigne du contraire, je blasphème l'évidence, la connivence qui se traduit par l'idéal de liberté tant convoité, du coup je suis jalousé, haï, et comme seule issue à cette mascarade : la mort m'est annoncée!

Coupable d'une radicale altérité quand le renoncement à toute velléité identitaire, égotique, atteint son acmé...

 

Il n'est pas de plus grande altérité que le renoncement à la particularité et c'est toujours dans l'euphorie groupale que s'acclame les pires intentions totalisantes.

 

Je suis libre, au risque de mon rêve, et je vous emmerde quand je vous témoigne mon accueil sans condition parce qu'au fond de vous, vous voulez juste que je valide vos misérables justifications, vos griefs, vos réclamations si justes, si nécessaires.

Je pourrais rester l'écran de vos espoirs mais la toile se voile d'un vent de folie, se déchire de vos contradictions et au lieu de me voir tel que je suis, vous sombrez dans le désespoir d'un orgueil blessé.

Je suis libre et que ceux qui ont la force d'assumer leur vérité puissent survivre à l'atomisation de leur vie d'animal intellectuel.

 

Amicalement,

Federico Blanquistado

Par Litteral - Publié dans : VTFF - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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