Ce week-end, je sors !
La bonne blague !
Et un jour, je sortirai vraiment, j'irai vers et dans le monde, j'aimerai, enfin, un peu...
Jusqu'au bout de soi-même, avoir fait le tour, je sais, ça c'est tout moi, j'ai compris, autant pour moi, on ne m'y reprendra plus, je vais faire un effort, ça va passer, ça reste raisonnable, pourvu que ça dure, je préfère ne pas savoir, il y a du bon en toute chose, facile à dire, pas facile à faire, j'peux pas j'ai piscine !
Paroles, paroles, paroles...
J'ai cherché ce que j'étais ;
j'ai souffert du manque de ce que je suis naturellement ;
j'ai toujours voulu trouver l'amour, être aimé, cette paix, cette réassurance, cette confiance qui amène au partage total ;
j'ai cherché cela et j'ai vu que j'étais cela, déjà, depuis toujours, au fond...
un peu trop au fond d'ailleurs, au fond à gauche, la porte du bonheur, là où tu lâches ton lest, là où tu laisses passer les scories de ton activité, faire un peu de place pour du nouveau, encore du nouveau, lassante nouveauté de l'identique...
Je me répète, cette répétition n'aboutira-t-elle sur aucune représentation finale ?
Mais ne serions-nous pas tous déjà en représentation ?
Vous lisez et vous vous représentez quoi ?
De votre expérience à être là, devant un écran d'ordinateur, une main sur la souris, vous êtes là, les pensées vous traversent, vous notez des mouvements dans votre corps ? Peut-être des émotions ?
Il y a ce texte, il y a l'air que vous respirez, il y a cet environnement, toutes ces sensations auquel participe ce que vous regardez, lisez, pensez, ressentez...
Mais ce n'est que vous avec vous-mêmes...
S'il y a autre chose ? Regardez, qu'est-ce qu'il y a ?
Pas d'échappatoire, ne cherchez pas à voir quelque chose, regardez simplement ce qu'il y a, ici et maintenant, là, vous lisez, c'est entendu, c'est perçu ?
Regardez ce qui se passe, prenez conscience de vos perceptions, il n'y a que votre théâtre, c'est vous qui êtes en scène dans la pièce que vous jouez !
Vous croyez qu'il y a un autre qui vous parle ? Entendu, mais qui le perçoit, qui le ressent ?
Maintenant laissez les réponses faciles faite par votre pensée : c'est vous, c'est moi... Ce ne sont que des étiquettes, revenez à votre perception, vous percevez quoi ?
Laissez la réponse être dans la perception, la perception des mots eux-mêmes par exemple, il n'y a rien à rejeter, laissez la réponse être les mots s'il y en a, ce ne sont que des étiquettes, pas vrai?
Cela est suffisant, il n'y a rien d'autre, cette simplicité vous effraie ? Vous trouvez ça pénible, difficile, inutile ? Il y a une tension ou une détente ?
Regardez cela, ces impressions, laissez-vous être dans ce bain d'impressions, il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, il y a ce qui est, cela a toujours été, et ne peut en être autrement d'ailleurs, sauf que là vous vous proposez d'y porter une attention plus ancrée dans l'instant présent, dans votre présent, dans cette actualité qui n'en finit jamais de se réactualiser.
Prenez contact avec votre présent, avec votre actualité, voyez, constatez, juste cela...
Que voyez-vous ?
Quand le regard insiste à se poser dans l'actualité de notre présence au monde, ce qu'on nomme soi et les autres semblent s'aligner dans la même perspective, la notion de séparation devient relative, tout comme les mots, les étiquettes.
A force de revenir pointer dans l'actualité du présent, le regard finit par se poser sur celui qui observe et là il n'y trouve personne, il ne reste que le regard lui-même, cette présence au monde qui n'est que gratitude, qui n'est que remerciement à être là, qui serait peut-être ce que nous recherchons tous désespérément et qui est la nature même de l'existence : l'amour.
On pourrait dire que nous sommes ce que nous cherchons : il nous faut apparemment passer par l'expérience de la projection hors de nous-mêmes, dans la dualité, dans l'adversité de ce que l'on appelle le monde (la Création, autant dire le rêve) ; il faut en somme nous rêver pour prendre la mesure de ce que nous sommes et quand, pour chacun, l'heure arrive où les masques tombent, où la mascarade ne tient plus, nous retrouverons en pleine conscience l'essentiel de ce que nous avons toujours été.
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